L’affiche du film 99F
“Je me prénomme Octave et m’habille chez APC. Je suis publicitaire : eh oui, je pollue l’univers. Je suis le type qui vous vend de la merde. Qui vous fait rêver de ces choses que vous n’aurez jamais. Ciel toujours bleu, nana jamais moches, un bonheur parfait, retouché sur PhotoShop.”
Je suis quand même curieux de voir ce film, non pas que je sois un inconditionnel de Dujardin mais plutôt que le livre de Beigbeder m’avait plu. La hype, le business, les putes et la coco font partie de l’univers d’Octave, concepteur-rédacteur dans la filiale française d’une grande agence de pub internationale. Son role est d’écrire des slogans, “des aphorismes qui se vendentâ€Â, et d’abuser ainsi toutes les ménagères de moins de cinquante ans de la terre en transformant leur fantasmes en actes d’achats : une activité éminemment frustrante dont le mensonge et l’illusion sont les moteurs créatifs, ce dernier adjectif étant par ailleurs totalement usurpé. Le narrateur est écoeuré par son boulot et cherche à se faire haïr du lecteur. Il cite souvent Goebbels et Hitler pour rappeler combien la publicité se rapproche de la propagande, compare les patrons d’agence à des chefs d’états-majors menant la troisième Guerre mondiale… Un jour, cocaïne aidant, il pète les plombs et propose une campagne déplorable au directeur du marketing d’une grosse boite d’agroalimentaire, cliente principale de son agence. Dès lors, sermonné par ses supérieurs, il se met à déblatérer sur sa profession, à en décrire les travers dans une sorte de confession-délation drôle et déjantée, à recueillir tout les éléments dramatiques qui lui permettront d’écrire ce livre, et consécutivement de se faire licencier. l’impertinence et la l’hypocrisie de son auteur, la pertinence et la franchise du narrateur. Tout ceci porté par un style terriblement efficace, où le bon mot, l’élégante maxime l’emportent sur l’idéologie anti-mondialisation, anti-mercantiliste, anti-consumériste’¦ Beigbeder, dans sa dénonciation du système capitaliste et sa peinture pamphlétaire du monde de la pub (qui n’a pas bien changé depuis les années 80, sauf peut-être pour les New Balance et la New-Economy) n’enfonce que des portes ouvertes. Passons donc sur les diatribes envers Coca, la mal-bouffe, le mensonge généralisé de la communication moderne, les fonds de pension, les Américains maîtres de l’Univers, bref tout le côté moral du livre, constamment désamorcé par un humour désopilant. En bon publicitaire, Beigbeder aime inventer des phrases et possède un sens de la formule assez puissant pour être tour à tour drôle ou destructeur.
Allez à tout hasard, voici le synopsis du film :
Octave est le maître du monde : il exerce la profession de rédacteur publicitaire. Il décide aujourd’hui ce que vous allez vouloir demain. Pour lui, “l’homme est un produit comme les autres”. Octave travaille pour la plus grosse agence de pub du monde : Ross & Witchcraft, surnommée “La Ross”. Il est couvert d’argent, de filles et de cocaïne. Pourtant, il doute.
Deux événements vont bouleverser le cours de la vie d’Octave. Son histoire d’amour avec Sophie, la plus belle employée de l’agence, et une réunion chez Madone pour vendre
un film de pub à ce géant du produit laitier. Le doué Octave déjante alors et décide de se rebeller contre le système qui l’a créé, en sabotant sa plus grande campagne.
De Paris, où négocient les patrons d’agences, à Miami, où l’on tourne un spot sous antidépresseurs, de Saint-Germain-des-Prés à une île perdue d’Amérique Centrale, Octave parviendra-t-il à échapper à sa prison dorée ?











J’irais aussi voir le film, je ne suis pas trop cinéma pourtant, mais comme toi, le livre m’avait bien plu.
J’ai aimé le livre, j’ai adoré le film. ça faisait longtemps que je n’avais pas ressenti autant d’excitations en sortant d’un film (parce que je ne vais pas régulièrement au ciné).